mar

06

oct

2009

Femmes, citoyennes, artisanes de paix

Voilà nous sommes de retour après une absence si longue un peu :D. Au fait, pour moi, je ne veux pas écrire rien que pour écrire, je ne veux écrire (le vrai terme c'est partager avec vous) que ce que je vis et je ressens, même si je sais que vous attendez nos nouvelles impatiemment, ce qui nous donne des ailes et permet de tisser via presque les continents : Afrique, Europe et Amérique latine.

Bon les deux dernières semaines étaient un peu chargées de travail. Peut-être c'est la première fois qu'on parle travail sur ce site, alors on a retroussé les manches pour aider les avocats à concrétiser leurs expériences de terrain pour monter des projets pour plus d'aide légale aux plus vulnérables dans différents secteurs (bien sûr c'est le rôle de l'appui institutionnel et reste le volet financier pour toucher les poches et les bailleurs de fonds :D).

Donc nos efforts tous ont aboutis au moins 5 axes essentiels que j'ai vu qu'il est si important de partager avec vous:

1- Les PVVIH: ce sont les personnes qui vivent avec le virus SIDA. Ces personnes, mineures comme majeures, ne connaissent pas leurs droits minimes telle que les droits civiques, le droit à la vaccination, la confidentialité de leur maladie. Certains malades ont été sortis des maisons qu'il louent rien que parce qu'ils sont malades; de même elles n'ont pas droit à des funérailles normales.

2- Le Monitoring des établissements pénitentiaire et assistance judiciaire des détenus vulnérables: En RD Congo, les gens vivent à moins d'1 Dollar US, ils ne peuvent pas se payer un avocat. Il y a des abus de pouvoir, des gens qui sont en prisons, dans les cachots sans rien raison, sans savoir pourquoi elles sont là ou même que leurs famille ne savent pas qu'elles sont arrêtée. Je cite l'exemple les femmes dont les maris recherchés immigrent pour l'Angola ou l'Ouganda: elles sont emprisonnées à leur places et le pire c'est qu'elles savent pas leurs droits....

3- La spoliation de la terre: c'est un sujet que je ne maitrise pas encore, honnêtement, mais ce que j'ai bien compris par exemple d'après les statistiques évoquées, c'est qu'il y a 1000000 de déplacés. Dont des bébés, des femmes enceintes, des vieillards, des handicapés. Ce nombre est très grand par rapport aux moyens mis en œuvre par les ONG onusiennes ou les autres, qui opèrent dans la région. Alors ils traitent les déplacés comme ils peuvent. Bien sûr inconsciemment il y aura des dépassements et des fautes, alors ces déplacés, réfugiés ou des retournés doivent connaitre leurs droits et leurs obligations face à cette problématique: à qui est la terre la familiale. La ferme qui a été abandonnée en catastrophe un jour exploitée par des d'autres pendant les dernières années et sur laquelle il faut revenir maintenant...

4- Le droit à l'éducation, vous vous rendez compte que les enfants accèdent à la scolarisation à l'âge de 12 ans? Vous allez me dire que c'est normal car c'est un pays en guerre, avec des déplacements massifs des gens, des enfants non accompagnés... Mais je vous dis juste: pensez à ces innocents qui subissent des âneries de quelques adultes qui se croient si fort pour imposer leur loi. La réalité du terrain nous est communiquée par nos antennes dans les provinces et par nos supervisions pendant nos « descentes », c'est à dire quand les gens du CFPD vont sur le terrain.

5- La lutte et la vulgarisation contre les violences sexuelles dans les écoles et les lycées: Nous ciblons ces établissements car c'est la tranche d'âge (9 à 17 ans) dont les statistiques montrent que les violences sexuelles sont en hausse, et nous tenons à faire de la prévention.

Si on analyse bien ces 5 axes, on trouve que les femmes sont les plus touchées. Si on cherche le dénominateur commun entre ces 5 axes on trouvera l'objectif idéal du CFPD pour les prochaines années: « Femmes, citoyennes, artisanes de paix ».

Le CFPD voit la force des femmes congolaises, il veut permettre aux femmes de prendre leur vie en main, leur citoyenneté, et pourquoi pas, participer activement à la vie politique. En 2011 il y aura des élections présidentielles auxquelles les femmes sont impliquées à participer en toute autonomie pour accéder à la démocratie qui reste le rêve de tous les peuples.

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1 Commentaire

  • #1

    Anne VUISTINER (lundi, 05 octobre 2009 14:39)

    Bonjour les amis!. Effectivement, j'ai été heureuse de te lire Véronique, et d'avoir "des nouvelles". La réalité que tu décris me touche. Je vous imagine, en train de prendre la mesure de tout ce qu'il y à faire, de ce qui pourrait être fait. Je suis en pensées avec vous et avec votre combat généreux.

    Ici aussi, en Suisse, il y a tant de gens spoliés, méprisés. Bien sûr ça n'est pas aussi flagrant et urgent, mais je sens aussi tant de souffrances dans les âmes... Et les corps aussi commencent à souffrir, les gens somatisent, les douleurs inexprimées se disent dans les corps. Ici aussi probablement, il faut inlassablement redonner confiance, autonomie, rétablir l'individu dans sa dignité, ici aussi j'ai le sentiment que les femmes peuvent être des artisanes de paix, pour autant qu'elles se fassent confiance et qu'elles restent reliées au meilleur d'elles-mêmes.
    Ici cela passe par un travail "intérieur", thérapie, développement personnel, méditation, prière, rencontre de qualité. Et chez vous, comment favoriser ce lien à l'essentiel quand il y a tant d'urgences extérieures dans la réalité?... Je ne me permettrai pas d'émettre une réponse, bien assise dans mon bureau avec eau et électricité en permanence, avec profusion de nourritures et de stimulations à portée de moi. Ce qui me vient pourtant, c'est "la mesure humaine". Ici ya trop, trop de pensées, trop de nourritures, trop de choix pour toutes les occasions, et qu'on le veuille ou non, on ne fait bien qu’une chose à la fois, on n’a qu’une bouche pour dévorer, un estomac pour assimiler, un cœur pour aimer… c’est le corps qui finalement dicte la juste mesure, même si « la tête » commence à trop lui en donner. Et quand on est juste à la bonne mesure, peut-être qu’on donne plus facilement… Qu’est-ce que ça serait la juste mesure, en RDC ?

    Plus légèrement, je viens de découvrir un feuilleton québéquois que probablement Véronique, tu connais, « Pure laine », une petite chronique décapante sur les chocs culturels, religieux, nationalistes, le racisme, dans une petite famille pluri-tout (ethnies, religions, nationalité). L’épisode d’aujourd’hui montrait un journaliste haïtien qui venait faire un reportage sur « les pauvres gens du Québec » qui « avaient tant à manger qu’ils en avaient toujours faim » et qui « devaient passer tant de temps à tondre leur gazon parce qu’ils étaient condamnés à la monoculture ». Finalement, de pauvres paysans d’Amérique du Sud en venaient à adopter un solide gaillard obèse de l’Outaouais qui passait sa tondeuse tant il leur faisait pitié.

    Voilà, quelques réflexions douces-amères de début d’automne (que nous avons la chance d’avoir ici). Je sais que je ne résous rien en disant « vous n’avez rien, ici on a trop et on souffre aussi ». C’était seulement, par-dessus les pays, un partage de petite sœur convaincue de la beauté de l’âme humaine, malgré des apparences parfois bien lourdes. Et un encouragement pour tous ceux qui y croient.

    Affectueusement,
    Anne



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