lun

26

oct

2009

Quelque chose a changé

La visitation... Très beau texte biblique où Marie, mère de Jésus, rend visite à Elizabeth, mère de Jean le Baptiste... Dans la rencontre que décrit le texte bilique, la connaissance entre ces 2 femmes devient reconnaissance. Elles "savent" l'une et l'autre ce qui se passe dans leur être et leur chair.

 

Mais je me suis toujours demandée pourquoi les évangiles nous racontent cette histoire si privée, qui ne me semblait pas apporter tellement à mon quotidien... Que notre Dieu est donc grand qui nous a permis de vivre cette fin de semaine la joie et la reconnaissance profonde de la visitation.

 

Aline et Michael, tous les 2 affectés par Eirene Suisse à Butaré auprès de l'AMI, sont venus chez nous vendredi. Aline est notre amie commune, nous avons fait ensemble la préparation au départ. Ils ont mangé à notre table, ils ont partagé notre quotidien, bien amélioré pendant leur séjour puisque ni le courant ni l'eau ne nous ont fui; ils ont dormi dans notre enclos,  ils ont foulé le sol de notre ville et respiré son odeur.

 

J'ai bien dit "notre ville". Grâce à leur visite, au surgissement dans notre présent d'un bout de notre histoire, quelque chose a changé. Ils nous ont permis de faire le lien entre avant et maintenant, ils nous ont permis de dire à des étrangers comme nous: notre maison est la vôtre; ils nous ont choisi comme guides pour découvrir notre ville, ils nous ont donné l'envie de la rendre belle à leurs yeux pour qu'ils reviennent nous voir encore.

 

Quelque chose a changé.

 

Tels que nous sommes, wazungu* venus d'ailleurs et destinés à repartir, nous "savons" nos racines et nos richesses. Nous avons éprouvé dans notre être que nous pouvons faire de cet "ailleurs" un ici.

 

D'étrangers partis de leur terre et de leur famille, nous sommes, par la grâce de la visite de nos amis et le partage de notre quotidien, des étrangers arrivés, capables d'habiter la halte que notre Dieu nous a proposée.

 

Merci Aline et Michael. Et à la joie de vous "rendre" visite...

 

* petit rappel: wazungu est le pluriel de muzungu, le blanc, celui qui est venu d'ailleurs, qui est différent. C'est ainsi qu'on apostrophe tous les blancs dans la rue. Et c'est un mot qui provoque bien des émotions chez tous les volontaires du coin, nous en reparlerons...

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Commentaires: 1

  • #1

    Nadia (samedi, 07 novembre 2009 18:22)

    Merci Véronique pour ce beau texte qui reflète toute la sensibilité de celle qui l'a écrit et qui suscite tant d'émotions chez celui qui le lit..Vous êtes peut-être des wazungu mais moi je dirais que vous incarnez à merveille le concept du "Citoyen du monde" qui se sent parfaitement chez lui là où il va,humaniste,humble,humain et humanitaire,qui sait parfaitement qu'on a été modelé tous de cet humus et qu'on y reviendra quelle que soit notre appartenance raciale ou identitaire ... la vie est un voyage,nous sommes de passage sur cette terre qui ,quel que soit l'endroit,est la patrie de tout être humain...

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