mer

03

fév

2010

Rien ne changera jamais...

Vol d'oies sauvages au Québec Vol d'oies sauvages au Québec

...Depuis que nous vivons à Goma, il fait beau temps. Et six mois se sont écoulés, lisses, pareils au précédent et au suivant. Avec juste, de temps en temps, un gros orage qui durait le temps d’un soupir, pour nous faire accepter que tout est pareil à hier et à demain....

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jeu

28

jan

2010

yes sir

A vos ordres Chef !!!!

 

Comme j'ai remercié notre cher Jérôme, lui l'architecte de notre mission en RDC! Je lui renouvelle mes salutations les plus profondes, car vraiment ce coin du monde est une vraie école d'apprentissage tant au niveau humain et relationnel qu'au niveau professionnel.

 

7 mois de vie à Goma, période pleine de belles choses, les visites éclairs de nos chers amis Aline et Michael, la rencontre de gens visionnaires qui défendent les même valeurs que nous; période pleine de mauvaises choses, la poussière étouffante, la terre volcanique qui fait que les gens trébuchent à chaque pas....

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ven

15

jan

2010

Céline, Eirene Suisse, en Haïti - Tremblement de terre

Notre amie et collègue Céline, est en mission à Liancourt, Haïti.

Son blog est accessible sur notre site: cliquez ici si vous souhaitez lui déposer un message d'encouragement ou de soutien pour elle ou la communauté, dans la rubrique Contact.

 

Vous pouvez l'écouter sur Léman bleu en cliquant ici

Vous pouvez aussi rejoindre Eirene Suisse pour avoir plus de nouvelles

 

Elle nous a fait parvenir le message suivant, qui témoigne à la fois de la situtation mais aussi de toutes les interrogations qui peuvent nous agiter comme volontaires sur le terrain.

Courage Céline, toute l'équipe Eirene de la région des Grands Lacs est de tout coeur avec toi, avec tes amis, ta communauté, tes familles de coeur.

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dim

27

déc

2009

Comme un bisou papillons....

Cette année, pas de sapin joliment décoré

Pas de chants de Noël, de guirlandes ou de paquets enrubannés

 

Mais Noël, dans toute sa fragilité

 

Quand les plus vulnérables à nos côtés se demandent quoi manger

Quand les chars des plus riches passent dans les gouilles

en projetant la boue sur les mamans

qui tentent pour leurs enfants de trouver un petit rien pour fêter.

 

Fragilité du vide et  l'absence

de ceux qui nous ont quitté

de ceux que nous avons laissé

de ceux que nous aimons

éparpillés comme autant de lumières

tout autour de la terre

 

Fragilité de la souffrance et de la violence

Quand nos habits portent encore l'odeur

de l'absence de justice et de paix

L'odeur persistante de la prison, de la corruption,

des hommes au visage baissé,

Des souffrances tues, de cet espace où le temps est arrêté...

 

Noël, dans toute sa puissance

Dans les jeux que les prisonniers adolescents inventent pour habiter le temps

Dans les yeux brillants d'espérance de cet homme injustement incarcéré

et qui attend son procès depuis plus d'une année.

 

Dans le pot de chocolat partagé entre amis

à parler, rire et aussi à pleurer

 

Dans la nuée de papillons blancs

qui au lever du soleil s'élève sous ma fenêtre

et dans un bruissement d'ailes si léger, si léger

va déposer dans le ciel les messages de tendresse du monde entier

et dessine dans l'aurore une trace parfumée

Souffle d'espérance, joie inaliénée.

 

Noël, fragile et puissant, présence et présent

 

Que l'an neuf qui s'en vient

fasse de chaque jour un présent en puissance...

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mer

02

déc

2009

Des lendemains difficiles... mais pas désespérés

Continuer à y croire...

Les résultats des votations de dimanche placent la Suisse sous les feux de la rampe sur le plan international. Mais la chère vieille Dame malheureusement ne se montre sous son meilleur jour.

Expatriés au Congo comme volontaires engagés auprès d’une ONG locale pour promouvoir la paix, vivant dans un pays où la paix civile est loin d’être une réalité mais où la paix religieuse est un fait, nous avons dans un premier temps été paralysés et incapables de réagir. Permettez-nous maintenant de prendre le clavier pour vous rendre écho des effets de cette votation à 6000 km de chez nous.

D’abord, et je tiens à le préciser, le résultat de la votation sur l’exportation des armes de guerre est au moins aussi désastreux même si vu d’ici il semble faire couler moins d’encre. En effet, comment expliquer que la Suisse est à la fois engagée pour la promotion de la Paix et que dans le même temps elle fait de l’argent avec des armes qui tuent au sud en offrant des oreillers dorés au pays? Les collègues ont eu beau jeu hier de faire des gorges chaudes. Notre crédibilité a pris quelques rides sérieuses.

J’ai été invitée à prendre la parole ces prochains jours dans le cadre d’une journée sur la démocratie avec la société civile pour expliquer le fonctionnement de la démocratie en Suisse. Parce qu’aujourd’hui je représente un peu la Suisse ici, je compatis sincèrement avec tous nos diplomates, qui doivent subir les quolibets et les interpellations dans leur pays d’accueil sans perdre la face et en défendant au mieux les visions et les valeurs de notre bonne vieille Suisse et la place du peuple souverain.

Les premières réactions sont venu sabrer directement mon mode de travail participatif et mes options profondément helvétiques et résolument démocratiques: « tu vois où ça te mène! Le développement du pouvoir d’agir c’est bien, mais les gens sont bêtes, et si tu veux éviter les dérapages, ça prend des chefs pour éviter les décisions idiotes, ça prend un organigramme et des gens compétents à la tête ». Inutile de faire remarquer qu’on voit toujours mieux la paille dans l’oeil de l’autre.... J’ai pris un coup de vieux et mes ailes d’espérance ont eu de la peine à battre.

Face à toutes les remarques négatives sur facebook et dans notre entourage, j’ai eu envie de défendre notre processus de prise de décision. Originaire d’Alsace, j’ai depuis mes premiers jours en Suisse, il y a de cela bien longtemps, une profonde admiration pour le processus démocratique en Suisse. Mais j’ai tiré une grande leçon des votations sur les étrangers en 2006 : notre peuple suisse est atteint par le syndrome de la peur.

La peur de l’inconnu. La peur de perdre.
 
Au moment des votations sur les étrangers, il y a quelques années, j’entendais dans le train une dame dire pis que pendre des étrangers et dans la phrase suivante vanter les mérites de son employée de maison, une étrangère. Et elle a expliqué cette belle schizophrénie avec les mots suivants: « mais elle c’est pas une étrangère, je la connais ».

Les musulmans de Suisse, dont  certains me font l’honneur d’être mes ami.es, sont avec les autres croyants engagés, des artisans de paix pour la Suisse de demain. Avec Moez, nous nous demandons si les chrétiens et les musulmans de Suisse ont assez travaillé ensemble pour que les personnes et les communautés ne soient plus étranges l’une à l’autre, mais qu’elles fassent partie intégrante de la famille suisse.

La cohabitation pacifique, et Dieu soit loué, réelle et efficace dans le dialogue quotidien à Goma, entre les différentes religions et confessions pourrait servir d’inspiration à la reconnaissance mutuelle en Suisse. Et quel bel échange Sud-Nord ce serait, que d’apprendre en Suisse quelque chose sur la paix religieuse du Nord-Kivu.

Dans notre 2e newsletter, j’écrivais: « Imaginez à  l'aube, à 4h30, l'appel à la prière qui se répond de mosquée en mosquée, rejoint par les cloches des Ursulines; auxquelles succèdent les prières des Pentecôtistes, des Adventistes... Ferveurs qui montent dans un ciel dans lequel la lune ne ment pas, au chant des coqs et aux martèlements des forgerons qui ont pris leur travail. » .

La fin de semaine passée nous avons fêté tous ensemble l’Aïd El Kebir et le surlendemain le début de l’Avent. Aux grandes fêtes religieuses (et croyez-moi elles sont nombreuses), nous nous interpelons entre amis: « prie pour moi en ce jour de fête, comme je prie pour toi quand c’est le temps chez nous ».

La Suisse d’hier n’existe plus et la Suisse de demain n’existe pas encore. Dans ce temps de chaos, les contractions pour la naissance d’un monde plus humain sont très douloureuses. Notre pays ne fait pas exception dans le grand bouleversement qui brasse le monde.

Comme croyants, comme personnes engagées dans les droits humains, comme acteurs pour la promotion de la paix, nous avons la responsabilité de prendre en compte les peurs de nos concitoyens. Ballotés comme des fétus de paille dans un univers devenu inmaitrisable, il est difficile de garder le cap. Nous avons sans doute expérimenté à des degrés différents les effets de la peur dans nos propres vies. Mais aussi la grâce de la présence agissante du Tout-Autre.

Tenir debout malgré la déferlante, est-ce que ce n’est pas croire encore et encore que notre démocratie directe est ce qu’il y a de mieux malgré les dérapages possibles? Est-ce que ce n’est pas continuer à travailler en réseau et au développement de la capacité d’agir de chaque personne rencontrée, quelles que soient la violence de ses peurs et de ses rejets? Est-ce que ce n’est pas travailler pour que demain le résultat de la votation soit différent?

Je serais encore plus triste si le résultat de cette votation serait que nous ayions le goût de renoncer à notre système démocratique. Je crois profondément que le peuple peut se tromper, s’égarer, se perdre et tout autant qu’il peut apprendre et se reprendre. Grandir c’est faire des erreurs, les voir, les reconnaître et les corriger. Je crois de toutes les fibres de mon être qu’en Suisse nous sommes capables de grandir. Et que ce cheminement qui peut prêter à moquerie, qui fait tomber, mais qui permet de se relever, peut être encore un modèle, en tout cas ici en Afrique, sinon pour le reste du monde.

Et j’ai le coeur en joie de voir toutes les personnes qui se mobilisent pour dire leur indignation. Et encore plus quand ces personnes sont de jeunes adultes. Car la Suisse de demain, c’est eux. Mais là encore n’avons-nous pas à les accompagner pour que la colère et la haine contre les initiateurs ne les aveuglent pas? N’avons-nous pas à les accompagner pour qu’ils ne soint pas ridicules auprès de leurs ami.es musulmans ou étrangers? Ils sont au coeur d’une double difficulté, comme nous ici. N’est-il pas de notre responsabilité de les aider à rester enracinés dans leur foi en un avenir ouvert et tolérant?

Je crois que malgré le chagrin et la honte, malgré le profond sentiment d’abandon et de désespoir qui ont pu nous envahir dimanche soir, nous sommes appelé.es à témoigner de la puissance d’une parole créatrice, d’une Parole qui nous vient d’ailleurs et qui nous dépasse. Je crois profondément que nous sommes appelé.es à entendre sans nous moquer les peurs là-bas, et ici, que nous avons à être des ferments de consolation et de réconciliation et que nous avons labourer le champ de notre espérance. Je crois que nous avons à affûter nos outils au lieu de polir nos armes, pour que notre être au monde soit complètement habité par le développement de la capacité d’agir. Je crois de tout mon être que nous sommes appelé.es à lutter contre nos propres découragements pour que notre joie soit imprenable (cf Lytta Basset, La joie imprenable) et que la terre de demain soit la terre de notre Dieu.

C’est là ma foi et mon espérance.

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Quelques liens pour les personnes qui aimeraient relire les objets soumis à votation et les résultats, réactions...
Administration fédérale
Télévision suiss romande
Swissinfo

 

 

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lun

26

oct

2009

Quelque chose a changé

La visitation... Très beau texte biblique où Marie, mère de Jésus, rend visite à Elizabeth, mère de Jean le Baptiste... Dans la rencontre que décrit le texte bilique, la connaissance entre ces 2 femmes devient reconnaissance. Elles "savent" l'une et l'autre ce qui se passe dans leur être et leur chair.

 

Mais je me suis toujours demandée pourquoi les évangiles nous racontent cette histoire si privée, qui ne me semblait pas apporter tellement à mon quotidien... Que notre Dieu est donc grand qui nous a permis de vivre cette fin de semaine la joie et la reconnaissance profonde de la visitation.

 

Aline et Michael, tous les 2 affectés par Eirene Suisse à Butaré auprès de l'AMI, sont venus chez nous vendredi. Aline est notre amie commune, nous avons fait ensemble la préparation au départ. Ils ont mangé à notre table, ils ont partagé notre quotidien, bien amélioré pendant leur séjour puisque ni le courant ni l'eau ne nous ont fui; ils ont dormi dans notre enclos,  ils ont foulé le sol de notre ville et respiré son odeur.

 

J'ai bien dit "notre ville". Grâce à leur visite, au surgissement dans notre présent d'un bout de notre histoire, quelque chose a changé. Ils nous ont permis de faire le lien entre avant et maintenant, ils nous ont permis de dire à des étrangers comme nous: notre maison est la vôtre; ils nous ont choisi comme guides pour découvrir notre ville, ils nous ont donné l'envie de la rendre belle à leurs yeux pour qu'ils reviennent nous voir encore.

 

Quelque chose a changé.

 

Tels que nous sommes, wazungu* venus d'ailleurs et destinés à repartir, nous "savons" nos racines et nos richesses. Nous avons éprouvé dans notre être que nous pouvons faire de cet "ailleurs" un ici.

 

D'étrangers partis de leur terre et de leur famille, nous sommes, par la grâce de la visite de nos amis et le partage de notre quotidien, des étrangers arrivés, capables d'habiter la halte que notre Dieu nous a proposée.

 

Merci Aline et Michael. Et à la joie de vous "rendre" visite...

 

* petit rappel: wazungu est le pluriel de muzungu, le blanc, celui qui est venu d'ailleurs, qui est différent. C'est ainsi qu'on apostrophe tous les blancs dans la rue. Et c'est un mot qui provoque bien des émotions chez tous les volontaires du coin, nous en reparlerons...

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mer

14

oct

2009

Le festival international du film Salaam Kivu

Pour peindre le quotidien de Goma aux couleurs de l'espérance,

des pas de danse, des chants et des rires, des films et des iamges capables de renverser les doutes et les peurs...

 

L'association Yole!Africa organise ici à Goma la 4ème édition du SKIFF
(Salaam Kivu International Film Festival) du 17 au 27 octobre*, sur le thème
: «Les arts, outils de développement et facteurs de cohésion sociale».
Toutes les activités sont entièrement gratuites afin de permettre à tous d'y
participer!!!

Le SKIFF est avant tout un festival de court-métrages africains provenant de
divers pays, notamment de RDC (Goma, Kinshasa), Kenya, Afrique de l'Ouest et
autres. Cette année les invités seront notamment *Willy Owusu & Ndogi
Githuku* (Kenya) et *Jo Muga Watunda* (Kinshasa).

Mais le SKIFF est également une occasion spéciale pour mettre en avant la
scène culturelle et artistique du Nord-Kivu, notamment au niveau musique et
danse.

Chaque soir avant les projections quelques chansons par des groupes de Goma,
et un concert aura lieu le samedi 24/10 avec en guest star *Pasnas *(
http://www.myspace.com/pasnas) avec en première partie le collectif "Best of
Goma" (collectif des jeunes participant aux Jam Sessions de Yole organisées
chaque samedi après-midi) ainsi que le jeune groupe *Maisha Soul* (
http://www.facebook.com/group.php?gid=42344098967) au talent indiscutable!

Du côté danse, *Sekombi Katondolo* interprètera son spectacle *Djieone
*(reflet)
lors de l'ouverture du festival, spectacle déjà interprété à Kinshasa,
Lubumbashi et Kampala et bientôt à Kigali et Maputo ; et ne manquez pas le
Hip-Hop Battle (compétition de danse Hip-Hop) le dimanche 25 supervisée par
*Anna Muinonen et Ula Silk.*

Des ateliers de vidéo et de danse ainsi que des séances de discussion auront
lieu également chaque après-midi de la semaine (pour ceux qui ont la chance
de ne pas trimer au bureau...), comme par exemple les ateliers de Breakdance
animés par *Abdul *du "*Uganda Breakdance Project*".

Pour plus de détails consultez le programme provisoire en pièce-jointe
(donnant une bonne idée de l'organisation des activités; le programme des
films sera amené à être modifié/étoffé, la sélection se finalise!), le
programme définitif sera envoyé mercredi ou jeudi.  *ET SURTOUT FAITES
PASSER L'INFO A TOUS : tout est gratuit et c'est l'occasion de montrer et
démontrer que Goma et le Nord Kivu ce n'est pas seulement la guerre et les
déplacés mais que ça fourmille de créativité et de gens qui veulent faire
bouger les choses!!!
Une initiative 100% congolaise qui vaut VRAIMENT le coup d'être soutenue au
maximum : pour cela c'est facile, venez simplement en profiter! ;D*

*Yolé!Africa est un centre de création artistique et d’échange culturel basé
à Goma, à l'est de la République Démocratique du Congo et Kampala, Ouganda.
Sa mission est de promouvoir la paix à travers l’art et la culture. Il opère
également comme une plateforme d’échange où les jeunes de différentes
origines et couches sociales se rencontrent pour s’exprimer à travers leurs
talents**. Le nom "Yolé!Africa" vient du cri "yolé!" utilisé par les
gardiens de bétail en Afrique centrale pour rassembler leurs troupeaux.*  (
http://www.alkebu.org/about%20yolefr.html)
*
Visitez également le site internet de Yole!Africa et de Alkebu Films
Production : http://www.alkebu.org/*

Amenez autant de monde que possible, RDV samedi pour l'ouverture! :)

*Yole!Africa*

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lun

31

aoû

2009

Eau potable, fuel et choléra

Ouf, nous avons enfin compris pourquoi régulièrement la source tarit à nos robinets et pourquoi nous manquons si cruellement d'eau potable: c'est parce que le fuel est trop cher.

 

Oui oui, vous avez bien lu: le fuel est trop cher pour que nous puissions avoir de l'eau potable. En effet, pour que la régie des eaux puisse pomper l'eau du lac et la trailer (enfin ça je ne le sais pas, pour de vrai!, mais j'imagine...), il lui faut pas moins de 500 litres de fuel par jour, ce qui est une aberration écologique et économique. Et bien sûr, quand les précieuses machines ne sont pas en panne, auquel cas il faut attendre la venue des pièces depuis Kinshasa, il faut que la Régie trouve les moyens de payer le précieux fuel qui vaut de l'or.

 

Et à chaque pénurie d'eau, les habitants de Goma vont prendre l'eau dans les bidons au lac, au milieu des gens qui lessivent leur linge ou lavent leur voiture, à condition qu'ils n'en soient pas empêchés par tous les malins qui mettent des tuyaux et rendent l'eau du lac payante au prix fort.

 

Mais Dieu soit loué, l'épidémie en cours s'est stabilisée et ne devrait pas dépasser les quelque 170 cas enregistrés. En attendant la prochaine vague de manque d'or noir...

 

Santé!

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dim

23

aoû

2009

Les violences faites aux femmes

 

Après le passage de Mme Clinton et son appel à réprimer les violences contre les femmes, la question essentielle des violences physiques faites aux femmes en RD Congo a ressurgi sur toutes les lèvres. Nombreuses sont Dieu merci les personnes et les organisations locales ou internationales qui se penchent sur cette question.

 

Cela dit, nous aimerions nourrir la réflexion autour de la violence faite aux femmes par quelques éclairages compémentaires:

  • Les hommes ici ne sont pas tous, et loin s'en faut, des abuseurs. Et nombre d'entre eux sont engagés dans un processus de défense des droits des femmes. Les entretiens que nous avons pu mener avec eux mettent en lumière leur sentiment d'humiliation et de souffrance: "Nous ne sommes pas tous des violeurs".
    Pour promouvoir la paix est-il possible de prendre en compte la souffrance des hommes injustement mis "dans le même sac" que tous les criminels qui utilisent les femmes comme moyen d'humilier les adversaires? Oserons-nous imaginer trouver avec les hommes des pistes de collaboration et de dialogue? Ces hommes n'ont-ils pas autant besoin que les femmes d'être entendus et d'avoir accès à la parole?
    Le tissage commun entre toutes les personnes victimes des humiliations  sexuelles ne pourrait-il pas être fécondant? Est-il possible d'éviter de creuser le lit genre pour créer ensemble un espace d'apaisement?

  • La justice commence à faire son travail, à juger et emprisonner des auteurs de violences faites aux femmes. Néanmoins, de même que les sociétés du nord, en dénonçant à juste titre la pédophilie et l'inceste, n'ont pas pu empêché des détentions arbitraires et injustes, en RD COngo, dans un désir louable de faire justice, il est des vieillards impotents, physiquement incapables de nuire à la moindre femme, qui se retrouvent emprisonnés en attendant leur procès, sur la simple foi de dénonciations qui peuvent être nourris par toutes sortes de sentiments humains bien éloignés d'un désir de justice véritable. Et être en détention provisoire à Goma, c'est vivre dans un cloaque immonde sans aucune perspective de lendemain. Les humanitaires qui se rendent à la prison sont assez souvent contraints de porter des masques tant la pestilence est insupportable. Se retrouver dans cet espace surpeuplé, sans savoir pourquoi, et ignorer quand ou comment en ressortir, n'est-ce pas aussi d'une violence insupportable? Uen violence peut-elle en faire accepter une autre ou la réparer?

  • Les violences sexuelles ne sont pas les seules violences faites aux femmes. De nombreuses femmes sont ignorantes de leurs droits par exemple en matière de droit conjugal. Le concubinage est monnaie courante ici. Reconnu, il confère, de par la législation, des droits aux femmes. Or les femmes sont nombreuses à nous parler de leur difficulté à faire face au quotidien quand elles se retrouvent seules avec 4-5 enfants et un ex-compagnon qui les lâchent du jour au lendemain sans aucun soutien financier. Ces femmes ne savent pas comment nourrir leurs enfants, les éduquer... et nombre d'entre elles ne peuvent pas retourner chez leurs parents.

    Parmi elles, des femmes universitaires, diplomées. Mais majoritaires à penser que si "l'homme" les abandonnent, c'est "de leur faute". ce sentiment est encore renforcé par les nouvelles églises. Et nous retrouvons ici les séquelles, maintes fois relevées par de nombreuses associations féminines, comme le Forum oecuménique des femmes chrétiennes d'Europe: la situation des femmes n'est pas liée uniquement au non-droit ou au non-respect de la justice, mais au fait que les femmes n'ont souvent pas conscience d'être des personnes à part entière.

    Tout un travail de conscientisation pour lequel la médiation des textes sacrés, Bible, Coran, pourrait être d'un grand recours. En effet, si la rumeur croyante fait des femmes des êtres soumis sans droits, les textes sacrés prescrivent eux le respect de la femme et la complémentarité homme-femme. La médiation des textes sacrés est d'autant plus importante que la soumission volontaire des femmes ici, pour ce que nous avons pu observer à ce jour, est encouragée par les mouvements évangéliques fondamentalistes. En faisant appel au pathos, ils exaltent chez les femmes un besoin d'absolu qui les conduit à trouver une forme de sublimation dans l'acceptation de leurs souffrances au quotidien.

    Et pour chaque femme qui se résigne à être fautive de l'échec de sa relation, il y a une petite soeur, une fille qui la voit et qui peut-être un jour suivra ses traces. UneTelle, 28 ans, vendeuse, nous dit: "je ne sais pas si je vais me marier, car aujourd'hui je suis financièrement indépendante, je peux soutenir mes parents, j'ai une vie, même si ce n'est pas une vie de femme. Si je tombe amoureuse, que je me marie, et que mon mari me fait un enfant chaque année, et qu'au bout de 5 enfants il me laisse tomber pour une autre, sans nous nourrir, est-ce que c'est mieux? Vraiment, je ne sais pas quoi faire. Je prie beaucoup pour avoir une réponse." 

    Croyantes - nous sommes ici dans un milieur profondéement croyant et pratiquant -  le recours seul au droit, à la loi ou aux thérapies individuelles ou sociales ne saurait les convaincre de leur dignité. Revisiter ensemble les grandes figures féminines de nos textes sacrés, dépasser les on-dit sur les relations masculin-féminin dans les textes sacrés et se réapproprier en les étudiant les grandes histoires de l' Histoire Sainte  pour nourrir et transformer les relations entre les hommes et les femmes, une autre piste possible pour nourrir un changement en profondeur et féconder la paix?

 

D'avance merci pour tous les commentaires qui nous aideront dans nos réflexions...

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lun

10

aoû

2009

Muzungu, muzungu

Nous sommes installés depuis tantôt un mois dans notre belle concession de Goma. Un espace clos, sous la garde bienveillante de veilleurs qui jour et nuit, sont attentifs à notre sécurité, des pavillons posés dans un jardin merveilleux riche de manguiers et d'avocatiers. Des grappes de fleurs oranges, des roses blanches, des lis jaunes vifs, des arums, des bougainvilliers mauves, autant de buissons odorants, visités par les colibris, les canaris, les kibombo bombo, les merles au sifflement enchanteur, un hâvre de paix au coeur de la ville.

 

Goma, balafrée au coeur par la brûlure du volcan, noire de monde, noire de poussière, noire des pierres de lave, est bruissante:  couleurs vives des pagnes, hurlements des klaxons des motos-brousse qui frôlent les piétons dans un soulèvement de poussière, voitures des nations unies qui crachent de noirs panaches par les gueules de leurs pots d'échappements, et se faufilent de toute leur puissance entre les voitures poussives des locaux, et le cri "muzungu, muzungu" qui nous apostrophe dès que nous mettons le pied dans la rue. Muzungu, "hé, le blanc, hé, la blanche". A la fois taquinerie, moquerie, appel à la compassion et illusion: muzungu, banque ambulante qui apporte le salut...

 

Même les enfants s'y mettent: "muzungu, donne-moi 50 francs" -  congolais, soit environ 7 centimes de dollar -  A notre réponse: "On n'a pas", magnanime, le petit Patient nous dit: "bon alors, tant pis, donne-moi 40 dollars" !

 

Depuis une semaine, nous manquons d'eau. Se laver, faire à manger, faire la vaisselle ... tout demande de la créativité. Nous saurons bientôt rédiger un manuel: de l'art de prendre une douche avec le contenu d'un verre à dents! Nous nous sommes enrichis, car maintenant nous sommes passés de 2 bidons de réserve de 20 litres à 4 bidons. Donc nous sommes capables de tenir 48 heures, ce qui est un net progrès.

 

En général quand nous avons de l'eau, nous n'avons pas d'électricité, et vice-versa. Mais cette semaine il n'y a pas d'alternative. Ni eau, ni électricité. Sauf aux heures fastes de la génératrice. La lumière c'est magnifique, mais quand l'eau coule au robinet, c'est vraiment une bénédiction! Mais nous sommes conscients d'être très chanceux, la majorité de la population de cette ville n'a jamais accès à l'eau potable; les femmes et les enfants des quartiers éloignés font 4 à 6 km à pied pour chercher l'eau au lac et refont le chemin inverse si lourdement chargés que c'est un miracle que leurs membres frêles ne se brisent pas.

 

D'autant que leurs ventres crient famine, dans un pays d'opulence où les fruits et les légumes poussent tout seuls. Le jardinier nous a avoué que les haricots mettent 3 longues semaines depuis leur mise en terre jusqu'au jour de la récolte! Et qu'en dehors de la saison de sécheresse, la saison présente, la nature est généreuse à profusion et lui permet 3-4 récoltes l'an.

 

 

De la belle visite

 

Mais laissons le manque d'infrastructure. Car ces jours Goma reçoit de la belle visite: Le président Joseph Kabila Kabange est présent dans notre cité depuis une semaine. Et demain il reçoit Mme Hilary Clinton, ici même à Goma. Pour nous, c'est encore une surprise: nous imaginions que pour un tel évènement, toute la ville serait en effervescence. Mais en dehors d'une sécurité accrue aux giratoires, nous n'avons rien vu. Aussi ne sommes-nous pas certains qu'il ne s'agit pas d'une rumeur. Les informations télévisées devraient infirmer ou confirmer ces évènements - s'il y a du courant.

 

Et pour finir, si vous passez par Goma, par pitié, méfiez-vous des ronds-points: si vous êtes piétons, méfiez-vous des motos, des autos, des bus et des autres piétons. Et si vous êtes au volant, veillez à votre droite. Car à Goma, dans les ronds-points, la priorité est aux véhicules venant de la droite! Une fois que vous savez tout cela, lancez-vous et ne reculez plus. Courage. De l'autre côté les rires joyeux des passants vus attendent: les wazungu (muzungu au pluriel) ont réussi! C'est d'autant plus remarquable, que des wazungu piétons ici, il n'y en a quasiment pas!

 

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lun

13

jui

2009

De Kigali à Goma

FInalement nos bagages ont pris la voiture et nous avons chevauché des taxis motos pour prendre le bus pour Goma.

Merveille de paysages verts, de vallées profondes et mystérieuses, de rivières, de plateaux. Variété inouie de végétation, de plantations. Terres rouges ou brunes, partout des fleurs à profusion, et partout des gens à l'ouvrage. Femmes et hommes engagés ensemble dans les travaux de réfection des routes, dans les plantations de bananiers qui s'étendent à perte de vue. Nous circulons sur une crête, entre les nids de poule, et à chaque virage notre bus frôle une vieille lourdement chargée ou un cycliste épuisé. A notre droite les voilà, les majestueux volcans. La température est tombée, les gens sont emmitouflés, la végétation a changé, les verts légers ont pris de la gravité, les rouges de la densité.

Et finalement au pied du Niyragongo le voici, le lac Kivu. Puis Gisenyi, poste frontière entre le Rwanda et le Congo.

Jean-Pierre et Ali demeurent là. Il nous confie à son assistant pour nous faire traverser la frontière. Goma nous voici..

Mais quel contraste! Après l'opulence de la journée, c'est la poussière noirâtre de la pierre volcanique qui nous saisit et nous enveloppe. Nous sommes un peu oppressés. à la fois par les formalités et par l'épaisseur de l'air qui se donne à respirer comme un jour de brouillard.

Mais le couvent des Soeurs Bernardines nous offre un hâvre de paix pour la nuit. Il est 18h, il fait nuit, l'électricité est coupée et nous commençons notre séjour par un souper aux chandelles servi par Soeur Anastasia dont le sourire nous a réconforté.

Et au lever du soleil, à 6h00, le chant des oiseaux nous convie à une ballade dans le jardin du monastère. Les fleurs rouges, mauves, jaunes, blanches se découpent sur le sol noir de lave. Et du lointain nous parvient la rumeur de la ville. Nous avons un peu de peine à imaginer que nous sommes arrivés chez nous...

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ven

10

jui

2009

Kigali

Kigali est un joyau de verdure et de nacre posé dans des collines ondoyantes séparées par des ravines. Des ruelles serpentent le long de leurs flancs et zigzaguent entre les maisons. Les briques roses se détachent comme des perles sur l'azur. L'air vibre dans la chaleur et les pétarades des taxis motos. Le bruissement des insectes est couvert par le brouhaha incessant du trafic; les rues sont habillées aux couleurs chatoyantes des tissus et des échoppes. La maison d'Annonciata est chaleureuse et simple, blottie au fond d'une petite concession. Fermée par un portail marron, la cour est rutilante de plantes grasses et des rires des étudiant.es qui habitent les ailes les plus anciennes. Complicité féminine autour du foyer, de la préparation du repas sur le réchaud traditionnel, sorte de brasero, ou kanoun, ou mbabula comme nous l'appelons désormais chez nous à Goma. Et premières corvées de vaisselle et de lessive pleines de rires. Arachides, fruits de la passion, ananas et prunes juteuses à profusion Et amitié qui nous permet de prendre pied. Celle de la famille qui porte si bien son nom: famille d'accueil. Mais aussi celle de Stefano, autre volontaire Eirene qui nous a précédé en janvier pour une affection à Kibuyé, Rwanda. Et joie de savoir que Aline, la prochaine volontaire Eirene affectée à Butaré, Rwanda, sera elle aussi reçue ici. Nous lézardons et même les petites corvées administratives n'arrivent pas à nous énerver pour de vrai. Jean-Pierre notre coordinateur poisson-pilote pour la RD Congo devrait venir nous cueillir, mais le mariage où il est invité a l'air de durer et nous ne sommes pas pressés. Laisser les larmes du départ couler et naître la joie du départ arriver. Laisser le temps au temps, sans rien avoir à prouver. Merci pour ce temps d'atterissage et de paix.

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jeu

09

jui

2009

De Fribourg, Suisse, et Soliman, Tunisie, à Kigali, Rwanda

Départ de Fribourg à 3h30 du matin pour être à l'heure à Genève: le vol est prévu à 6h30 pour Bruxelles, et on ne voudrait pas le rater. Mais déjà les émotions sont au rendez-vous: la voiture de nos amis tombe en panne à 1 km de l'aéroport!

Mais finalement nous nous retrouvons à Bruxelles et nous embarquons pour Kigali, Rwanda. Passer tout près de l`Alsace sans la voir, frôler les Alpes sans qu'elles se dévoilent, survoler l'Italie qui est bien plus longue que nous l'imaginions, voir la mer sans y plonger, attendre la Tunisie et se trouver au-dessus du désert et ne pas savoir où sont les frontières entre la Lybie, le Soudan, l'Ethiopie. Planer au-dessus du sable à perte de vue et sentir nos coeurs s'emballer pour le ruban du Nil avant de plonger dans la nuit. Il est 19h15, nous atterrissons à Kigali. Y aura-t-il des chameaux et des ânes?

Les premiers pas sur le tarmac. Nous sommes déboussolés, mitigés, arrivés avec une heure de retard. Il fait assez frais.

Nos hôtes, la famille d'accueil, nous attendent patiemment avec une grosse voiture. Mais avec nos 6 valises, elle est trop petite et nous voilà déjà l'une dans la voiture et l'autre en bus, en route dans la nuit, vers l'inconnu. Afrique nous voici!

 

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